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Mois de la littératie financière : 5 notions pour enfin comprendre votre hypothèque
Amortissement, terme, équité, ratios, pénalité : 5 notions simples pour comprendre votre prêt hypothécaire et mieux préparer un refinancement.

En bref
L’amortissement fixe le rythme de remboursement, le terme la durée de votre contrat, le type de taux la prévisibilité de vos paiements. L’équité et les ratios déterminent ce qu’il est possible de refinancer, et la pénalité ce que coûte un changement en cours de route. Avec ces cinq notions en tête, votre contrat hypothécaire devient beaucoup plus lisible.
Novembre est le Mois de la littératie financière au Canada, c’est-à-dire le mois consacré à mieux comprendre et gérer son argent. C’est l’occasion de faire le point sur un contrat que beaucoup de propriétaires signent sans en maîtriser tous les termes : leur prêt hypothécaire. Comprendre son prêt hypothécaire, ce n’est pas une affaire de spécialistes. Cinq notions suffisent pour lire votre contrat, poser les bonnes questions et savoir si un refinancement peut avoir du sens pour vous. Refinancer, c’est remplacer votre hypothèque actuelle par une nouvelle, souvent plus élevée, par exemple pour rembourser d’autres dettes ou obtenir de meilleures conditions.
Pour rendre tout ça concret, suivons un même exemple du début à la fin : une hypothèque de 300 000 $ à un taux de 4,5 %, retenu ici à titre d’illustration seulement.
Le chiffre à retenir
46 500 $
d’intérêts en plus si l’on rembourse 300 000 $ en 30 ans au lieu de 25 (exemple à 4,5 %). C’est tout l’enjeu de la première notion.
L’amortissement et le terme : quelle différence ?

On les confond souvent, et pourtant ils ne mesurent pas la même chose.
- L’amortissement est la durée totale prévue pour rembourser complètement votre prêt, souvent 25 ou 30 ans.
- Le terme est la durée de votre contrat actuel avec le prêteur, généralement de 1 à 10 ans, le terme de 5 ans étant le plus courant. À la fin du terme, vous renouvelez, avec le même prêteur ou un autre, aux conditions du moment.
L’amortissement a un effet direct sur votre paiement et sur le coût total du prêt. Dans notre exemple :
- sur 25 ans, le paiement mensuel est d’environ 1 660 $, pour environ 198 100 $ d’intérêts au total ;
- sur 30 ans, il descend à environ 1 513 $, mais les intérêts totaux montent à environ 244 600 $.
Calculs illustratifs, selon la méthode de calcul canadienne. Le taux de 4,5 % est un exemple, pas une offre.
Voir les données
| Capital emprunté | Intérêts payés | Total remboursé | |
|---|---|---|---|
| Sur 25 ans | 300 000 $ | 198 100 $ | 498 100 $ |
| Sur 30 ans | 300 000 $ | 244 600 $ | 544 600 $ |
Un amortissement plus long allège le budget mensuel, mais il coûte plus cher au bout du compte. C’est un choix à faire en toute connaissance de cause, notamment lors d’un refinancement.
Taux fixe ou taux variable ?
- Avec un taux fixe, le taux et le paiement restent les mêmes pendant tout le terme. C’est prévisible.
- Avec un taux variable, le taux suit le taux préférentiel de votre prêteur (son taux de référence), qui monte ou descend lui-même avec les décisions de la Banque du Canada. Selon le contrat, c’est votre paiement qui change, ou la part de ce paiement qui rembourse le capital, c’est-à-dire la somme empruntée.
Il n’existe pas de bon choix universel : tout dépend de votre budget, de votre capacité à supporter une hausse de paiement et de vos projets. Retenez surtout que le type de taux a aussi une incidence sur la pénalité, si vous devez mettre fin à votre contrat avant la date prévue (notion n° 5).
L’équité et le plafond de 80 %

L’équité, c’est la part de votre maison qui vous appartient vraiment : sa valeur, moins ce qu’il reste à rembourser sur l’hypothèque.
C’est une notion clé quand on envisage un refinancement, car, selon l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC)2, les institutions financières permettent habituellement d’emprunter jusqu’à 80 % de la valeur de la propriété.
Exemple : votre maison est évaluée à 450 000 $ et il vous reste 280 000 $ à rembourser.
- 80 % de 450 000 $ = 360 000 $
- 360 000 $ − 280 000 $ = 80 000 $ au maximum, avant les frais et sous réserve de l’approbation du prêteur.
Exemple illustratif, avant les frais et sous réserve de l’approbation du prêteur.
Voir les données
| Part de la maison | Montant |
|---|---|
| Solde de l’hypothèque | 280 000 $ |
| Équité accessible en refinançant | 80 000 $ |
| Part non accessible (20 % de la valeur) | 90 000 $ |
| Valeur de la maison | 450 000 $ |
C’est cette équité qui permet, par exemple, de regrouper des dettes à taux élevé dans l’hypothèque, c’est-à-dire augmenter son prêt hypothécaire pour rembourser ses autres dettes, et n’avoir plus qu’un seul paiement, à un taux plus bas. Pour en savoir plus, consultez notre page sur la consolidation de dettes.
Les ratios d’endettement : ABD et ATD
Pour accepter un prêt ou un refinancement, le prêteur vérifie que vos paiements restent raisonnables par rapport à vos revenus. Il utilise deux ratios :
- L’ABD (amortissement brut de la dette) : la part de votre revenu brut (avant impôts) consacrée au logement, soit le paiement hypothécaire, les taxes foncières, le chauffage et une partie des frais de copropriété s’il y a lieu.
- L’ATD (amortissement total de la dette) : la même chose, plus toutes vos autres dettes (prêt auto, cartes de crédit, marges, etc.).
Quels sont les seuils ? En général, les prêteurs acceptent un ABD d’au plus 39 % et un ATD d’au plus 44 %. Ce sont les seuils de référence de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL)3. Mais chaque prêteur applique ensuite sa propre politique : certains sont plus stricts, d’autres plus souples selon le profil de l’emprunteur. C’est l’une des raisons pour lesquelles il vaut mieux se faire accompagner par un professionnel, qui connaît les exigences de chaque prêteur.
Le test de résistance. Pour calculer ces ratios, le prêteur n’utilise pas votre vrai taux, mais un taux plus élevé, appelé taux de qualification. C’est le « test de résistance », qui s’applique aussi en cas de refinancement4. La règle, fixée par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF)5, l’organisme fédéral qui encadre les banques, est simple : on prend votre taux + 2 %, avec un minimum de 5,25 %. Attention : ce minimum de 5,25 % est celui en vigueur à l’automne 2026. Le BSIF peut le modifier à l’avenir, alors vérifiez toujours la règle à jour, ou demandez-la à votre courtier.
- Votre taux est de 4 % : vous devez vous qualifier à 4 % + 2 % = 6 %.
- Votre taux est de 3 % : 3 % + 2 % donnerait 5 %, mais c’est le minimum actuel de 5,25 % qui s’applique.
Autrement dit, le prêteur vérifie que vous pourriez encore faire vos paiements si votre taux augmentait de 2 %.
Reprenons notre exemple. Avec un taux de 4,5 %, le test se fait à 4,5 % + 2 % = 6,5 %. À ce taux, le paiement servant au calcul est d’environ 2 009 $ par mois, au lieu de 1 660 $. Pour un ménage qui gagne 8 000 $ brut par mois et qui paie 350 $ de taxes foncières et 100 $ de chauffage :
- ABD = (2 009 $ + 350 $ + 100 $) ÷ 8 000 $ = 2 459 $ ÷ 8 000 $ = environ 31 %, sous le seuil de 39 %.
- ATD = (2 459 $ + 920 $ d’autres dettes) ÷ 8 000 $ = 3 379 $ ÷ 8 000 $ = environ 42 %, tout près du seuil de 44 %.
Ce sont souvent les dettes à la consommation qui font la différence. Pour faire vos propres calculs, consultez notre article sur comment déterminer votre capacité d’emprunt, ou parlez-en à un professionnel.
Comment est calculée la pénalité de remboursement anticipé ?

Si vous remboursez votre hypothèque ou y mettez fin avant la fin du terme, par exemple pour refinancer, le prêteur peut exiger une pénalité6.
- Taux variable : elle correspond habituellement à 3 mois d’intérêts. Sur un solde de 250 000 $ à 4,5 %, cela représente environ 2 800 $.
- Taux fixe : c’est généralement le plus élevé entre 3 mois d’intérêts et l’écart de taux d’intérêt, un calcul qui compare votre taux à celui que le prêteur offre aujourd’hui pour la durée restante. Dit simplement : si les taux ont baissé depuis votre signature, le prêteur perd de l’argent en vous laissant partir, et il vous demande de compenser cette perte. Ce montant peut être nettement plus élevé que 3 mois d’intérêts.
La méthode de calcul varie d’un prêteur à l’autre et figure dans votre contrat.
Vous voulez qu’on regarde ensemble ce que ces notions signifient pour votre propre situation ? Prenez rendez-vous pour une consultation gratuite et sans engagement avec l’équipe ZenFi.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l’amortissement et le terme ?
L’amortissement est la durée totale prévue pour rembourser l’hypothèque, souvent 25 ou 30 ans. Le terme est la durée de votre contrat actuel avec le prêteur, généralement de 1 à 10 ans, après laquelle vous devez renouveler.
Combien peut-on emprunter en refinançant sa maison ?
Un refinancement est généralement limité à 80 % de la valeur de la propriété, moins le solde de l’hypothèque actuelle. Le montant final dépend aussi de vos revenus, de votre crédit et de l’évaluation retenue par le prêteur.
Comment est calculée la pénalité si je brise mon hypothèque ?
Pour un taux variable, elle correspond habituellement à 3 mois d’intérêts. Pour un taux fixe, c’est généralement le plus élevé entre 3 mois d’intérêts et l’écart de taux d’intérêt. La méthode exacte figure dans votre contrat.
Sources
- Dictionnaire de l’Académie française, « Amortir (étymologie) » (nouvel onglet).
- Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC), « Emprunter sur la valeur nette de votre maison (plafond habituel de 80 %) » (nouvel onglet).
- Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), « Calcul des rapports ABD et ATD » (nouvel onglet).
- ACFC, « Se préparer à obtenir un prêt hypothécaire (test de résistance, y compris en refinancement) » (nouvel onglet).
- Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), « Taux minimal de qualification des prêts non assurés » (nouvel onglet).
- ACFC, « Comparution sur les pénalités pour remboursement anticipé » (nouvel onglet).
- ACFC, « Options d’allègement hypothécaire » (nouvel onglet).
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les taux mentionnés sont illustratifs et peuvent changer sans préavis. Toute solution de financement est sujette à l’approbation de crédit.
Groupe ZenFi (9498-0356 Québec inc.), cabinet en courtage hypothécaire du Québec inscrit auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF), numéro de client 3003043028.
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